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5 octobre 2018 / Commentaires fermés sur Ultra du Haut-Koenigsbourg, MA course de l’année 2017 !

Ultra du Haut-Koenigsbourg, MA course de l’année 2017 !

Un an auparavant, jour pour jour, c’est ici même que j’avais franchi les portes de l’ultra en 2017. Par défi, par vengeance ! 108km et 4500 D+ sans expérience pour finir 30ieme en 16 heures.

L’année dernière l’objectif était de finir, cette année l’objectif est de gagner. Oui, je sais, toi lecteur qui tombe sur mon CR, tu te dis : « il est OOUUUFFFFF ce mec ! ». Eh ben oui ! C’est le cas, bienvenue dans mon monde de Oufderun.

Samedi 1 octobre 2018, Jour-J. La pression est à son comble, le race pack est prêt. Je suis chez maman pour midi, elle m’a cuisiné un bon petit plat. Stéphane sera mon Taxi, et il fera lui aussi cette jolie course. 14 heures, on the road, Kintzheim on arrive ! La route se passe bien on papote, on rigole l’ambiance est détendue. 16 heures, nous voila sur place. On récupère les dossards, et je croise pas mal de monde : des amis de Trail Run Alsace, Laetitia, Cyril, quelques Ouf sont déjà sur place comme Nathalie et son infatigable Hervé, David ou encore Anthony. Encore une fois rigolades, discussions, échanges, c’est toujours un plaisir de croiser ces runningfriends.

Les heures défilent à une vitesse grand V. Je m’impose de manger mais j’ai pas trop faim. Encore une fois un bon petit plat froid de maman. Les traditionnelles pâtes-dinde, de l’eau , un bout de fromage et une bonne compote. Les gens commencent à affluer. Je prépare mes boissons, fait le check-up de mon sac, prépare le sac pour les ravitos, Laetitia me rejoindra peu avant le départ avec sa collègue Claudia pour gérer mes ravitos. Il y a des gens qui bossent hein !

 

19 heures, « la peur » toque à la porte, je quitte mon chauffeur du jour en lui souhaitant une bonne course… Je fais mon affaire et je m’allonge là dans la salle, petite sieste, musique et j’attends que ça se passe. (Avoue, tu es en train de m’imaginer assis quelque part…)

Environ 20h Jérôme débarque, un peu stressé le garçon. Avec ma piètre expérience on se rassure, on discute. Les sacs sont prêt, j’ai fait le check-up complet avec mes ravitailleuses de l’extrême qui sont arrivées. Go sur la ligne de départ !

20h30, sur la ligne de départ, je croise Jeremy (jerem-runner sur insta) on se fait une grande accolade. Nous savons tous les 2 pourquoi nous sommes là. Nos regards sont sincères et pas un mot ne sort mais, nous nous sommes compris. Je profite de ces dernières quelques minutes pour discuter, me détendre et faire le con pour faire passer mon stress. Dernier câlin et go sur la ligne de départ. Je me place aux avant-postes. L’infatigable Lucas Papi arrive sur la ligne. Comme d’hab je fais le con…

21h00 PPAAAAANNNN ! Me voila parti, le départ est ni trop lent, ni trop rapide. Les favoris sont dans les parages et j’avais pour objectif de m’accrocher à un certain Johan Helvig, il sera le vainqueur du jour. Je le connais mais il ne me connait pas, c’est drôle quand même. Il n’a rien demandé et une vieille sangsue  Oufderun va venir se foutre dans se baskets. Le paauuuvvre!!

Évidement je discute avec lui. Je lui donne clairement mon plan de course parce que j’avais misé sur lui. L’objectif étant de faire route ensemble tout en faisant chacun sa course.

Un peu drôle comme idée non ? Les 15 premiers kilomètres passent vite, on a fait que papoter. On sympathise un peu, on se raconte notre saison, nos galères… et lui en a eu une sacrée la matin même. Coupé dans la main il a du se faire recoudre. Pire que des gonzesses les traileurs ? Non, non c’est une légende..

Je vais désormais vous parler en Km parce que j’avais perdu le fil des heures.

KM 15 à 20 : panique à bord la machine déconne, les mollets se raidissent ils sont au bord des crampes. Je ne me suis que très peu chargé puisque je savais que jusqu’au Km 20 je n’avais pas besoin de grand chose à part boire… Mais c’était sans compter sur la surprise de mon corps ! Je crève la dalle. Je décide donc de ralentir, de faire le maximum pour me refaire une santé et arriver au ravito sans plus puiser dans mes réserves qui visiblement ne sont pas pleine.

KM 20 : ravito du Frankenbourg, je mange, je bois mais je ne traîne pas au ravito. Je me charge et continue de me ravitailler en partant pour perdre le moins de temps possible, j’en oublie de faire le plein de mes flasques, quel blaireau ! Dans la descente je croise Emma et Céline qui montent voir Jérôme, et un peu plus bas, Laetitia et Claudia sont là. Les encouragements font du bien et me remettent un peu dans la course. Le temps passe et j’attends que tout rentre dans l’ordre. Je doute encore mais j’y crois, je me fais doubler mais je reste patient, imperturbable (enfin je fais semblant, en fait je panique grave !)

Jusqu’au KM 26 : soit 5 km après le ravito, j’ai continué de me refaire une santé en avançant tranquillement. Le classement chute, je suis passé de 5ième à 12ième. Oups ! À partir de là, RE-MON-TA-DA, les sensations reviennent, la descente me fait un bien fou, je passe au Km 36 à la 4ième place. Je reprends un tout petit vosgien qui n’a plus l’air solide comme le sapin et fort comme la mirabelle ! Je continue et il s’accroche à moi, je sens que pour lui c’est une histoire de temps. Fier de moi et de ma remontée je garde ce bon petit rythme.

KM 45 : je suis désormais 3ieme au refuge des Vosges-Trotters. Ravito assisté, c’est la fête. Je me prends pour un dieu, encadré comme une star ! Une fille a chaque mollets pour des massages, merci Emma et Céline. Laetitia s’occupe de mon sac, me ravitaille à fond et Claudia détend l’atmosphère en lâchant conneries sur conneries. Que c’est bon ! Allez, la récré est finie, j’ai encore des bornes à faire. Les kilomètres défilent je me sens de mieux en mieux, j’aperçois une lumière, ni une ni deux, j’accélère pour revenir et garde un bon rythme jusqu’au prochain ravito. Stratégie payante j’arrive au km 68 à la 2ième place.

KM 77 : Un petit tour et on revient au même ravito. Benoit aussi débarque au ravito, des étoiles plein les yeux il rentre de l’UTMB, il y était en visiteur. Dans ma tête tout s’embrouille, je commence a faire des calculs, Laetitia essaie de me résonner… en vain ! Je cherche absolument à savoir où sont les poursuivants, grosse déconcentration. Le 3ième arrive alors que je suis sur le ravito depuis 5 minutes, je décide de partir de suite… pas de chance lui aussi ! Une grosse montée nous attends, on commence à la faire à deux, et là, c’est le drame ! Sa réflexion me tue, j’ai envie de l’étriper, mes bâtons dans sa tête vous voyez la scène ? Il me dit : « Comment ça se fait qu’on est deuxième, troisième, y a pas de niveau sur cette course ! On va même pas vite ! » Intérieurement je boue, je m’énerve je trouve que c’est un manque de respect mais ça ne m’engage que moi. Il file dans cette montée, c’est un grimpeur ça se remarque et me laisse sur place avec ma rage.

KM 87 : toujours 3ième, je flippe et n’arrête pas de demander ou est la suite, comment gérer ? J’en sais rien et forcément ça joue sur ma course et sur mon mental, je ne suis plus dans la course, j’ai perdu le fil. Je découvre les joies d’être poursuivi et d’être peut-être à 2 doigts de la médaille en chocolat… Il reste 20km et je connais la suite, la montée au château du Haut-Koenigsbourg. Longue, interminable avec son faux plat sur les 4 derniers kilomètres jusqu’à l’arrivée là-haut.

Photo Alsace running

KM 98 : je suis au château, j’ai faim et j’ai soif. Je bouffe comme un gros, banane, saucisson, fromage, coca et je file. Il reste 10 km quasi en descente. L’année dernière j’avais souffert, cette année je sais que je donnerais tout pour garder cette foutue 3ième place. Les courses du 54km et du 25km sont sur les mêmes chemins, comment savoir si le 4ième va venir me manger tout cru ? Je n’arrête pas de flipper alors je relance, je fais l’effort pour assurer mais j’en sais rien… Ça me rend OOOUUUUFFFFFFF !

KM 104 : un tour par la volerie des aigles : il ne reste rien. Je ne sais toujours pas où est le 4ième, je reste toujours vigilant et je ne traîne pas. C’est une petite descente pas trop technique, puis j’arrive dans le village et la je sais que c’est la fin…

L’émotion m’envahit, j’en ai les larmes aux yeux. Je n’ose même pas y croire !

L’arche est là, les ravitailleuses de choc aussi, on ne se parle pas mais nos regards valent tous les mots, ma sœur et Arnaud m’ont fait la surprise d’être là… quelle photo finish !

Souvenir de 2017 , papy était encore la…

 

 

Last modified: 17 mars 2019